Sbarro Espera Picasso Cup, 2002


 

Franco Sbarro semble avoir un faible pour les monospaces. En 1998, il commençait une série de modèles spéciaux avec une Renault Scénic bénéficiant de quelques retouches classiques de tuning. Cette même année était présentée aux 24 heures du Mans une autre Renault, beaucoup plus radicale : le fameux Espider, un Renault Espace décapité accueillant des passagers triés sur le volet pour effectuer quelques tours du célèbre circuit mansois. En 2000, ce fut le tour d'un VW Sharan Sahara de subir une opération identique (transformation en spider) avec en prime une série d'adaptations pour la conduite par des paraplégiques. 2001 vit la naissance du Citroën Picasso El Bicho, réponse sans lendemain au Renault Scénic RX4. Et aujourd'hui, tout naturellement, une version WRC !

 

Certains esprits chagrins ont, semble-t-il, peu apprécié la transformation du paisible Citroën Picasso en bête de course. Mauvais goût... sans intérêt... qui oserait acheter un tel engin.... voici quelques exemples de ce que l'on pouvait lire sur le net et dans la presse spécialisée. D'autres sont restés plus prudents, voyant que Citroën était à l'origine du projet : le Picasso Cup devenant ainsi un véhicule officiel ! Et puis il y a tous les enthousiastes, ceux qui apprécient les voitures qui sortent du lot. Et à en croire le courrier que j'ai reçu dans les semaines qui ont suivi la présentation du Picasso Cup au salon de Genève, ils sont nombreux ! Et j'en suis ravi.

 

Esthétiquement, ce monospace compact ne donne pas dans le discret ! Bas de caisse outrageusement élargis, grande prise d'air à l'avant, deux petites pour les freins, un extracteur d'air, un aileron de toit. Et bien entendu, remplacement des quatre portes par deux immenses portes papillon, le tout ayant entraîné la suppression du pillier central. La caisse, en matériau composite, a été abaissé de 10 cm. Il n'est pas évident de retravailler la ligne d'un monocorps, mais ici les élèves de l'école Sbarro ont signé un dessin d'une belle homogénéïté, qui prouve, si besoin en était, la maîtrise de Sbarro en matière de design. Pour la petite histoire, il a fallu moins de trois mois pour arriver à un tel résultat, des esquisses initiales à la présentation au salon de Genève en mars 2002.

 

L'intérieur reçoit un traitement du même acabit, à savoir ambiance compétition avec arceau de sécurité, quatre sièges bacquets Cesam, pédalier en carbone, et tableau de bord digne du championnat DTM avec notamment un levier de vitesse spécifique (intégrant une petite manette permettant d'enclencher la marche arrière). L'instrumentation, rejetée vers le centre, est d'origine Peugeot 306 S16. Le volant (Cesam) est recouvert de peau retournée. L'ensemble des plastiques d'origine a été recouvert d'alcantara. La roue de secours a trouvé une place d'honneur à l'arrière, comme en vitrine sous la lunette arrière, mettant ainsi en avant les superbes jantes OZ Superleggera en 3 parties de 19 pouces.

 

Reste le talon d'achille de ce Picasso hors norme : la mécanique. Certes le moteur n'a rien de ridicule. Emprunté à la Peugeot 306 S16, ce 2 litres a été équipé d'une admission directe et d'une ligne d'échappement spécifique très... libérée ! Mais bien que la puissance atteigne désormais 250 chevaux, les rares journalistes ayant pu piloter le Picasso Cup ont tous souligné le comportement exemplaire de la voiture (tenue de route, rigidité du châssis, freinage puissant) qui mériterait une mécanique beaucoup plus puissante. Conduire la Cup n'a donc rien d'exaltant en soi, si ce n'est le plaisir d'être au volant d'un prototype unique. Mais Sbarro devait répondre à un cahier des charges précis, imposé par Citroën, ce qui limite le choix de la mécanique au catalogue PSA. Rien n'empêche d'imaginer ce que deviendrait ce Picasso avec 400 chevaux...

 

 

Il y a toujours quelques voitures qui marquent plus les esprits que d'autres. Les Sbarro n'échappent pas à la rêgle. La Picasso Cup est une étape importante dans la longue lignée des Sbarro. Tout d'abord, elle est le fruit d'une longue collaboration avec Citroën, montrant l'attention que portent les grands constructeurs au travail de Sbarro. Ensuite, elle traduit la grande maîtrise de Sbarro en matière de design et d'enseignement (n'oublions pas qu'il s'agit du travail des élèves et non de Sbarro seul). Avec l'Alcador, la Picasso Cup est à mon sens une des plus belles réussittes d'Espera.

 

 

 

  Sbarro Citroën Picasso Cup (2002)

moteur

4 cylindres (origine Peugeot 306 S16)

disposition

avant transversal

cylindrée

1998 cm3

puissance

250 ch

admission directe

transmission

traction avant

boîte de vitesses

boîte manuelle à 6 rapports (origine Peugeot 306 S16)

freins

4 disques perforés de 370 mm de diamètre + étriers 6 pistons (origine Citroën Xsara Kit Car)

pneumatiques

Michelin Pilot Sport 255/40 ZR 19 (avant et arrière)

jantes

OZ Superleggera en 3 parties de 19 pouces

carrosserie

carrosserie en matériau composite, sans montant central, arceau intégral, peinture Ducati

dimensions

longueur : nc ; largeur : 2,05 m ; hauteur : nc ; empattement : nc

poids

1400 kg

production

exemplaire unique non commercialisé

 

English version

Photographies